La conscience modifié, Quésako ? (Temps de lecture : 4 min)

La conscience modifiée en quelques mots.


Un moment dans la lune, un rêve intense ou encore une hallucination, presque tout le monde a déjà perçu un état de conscience modifié.

Parfois pendant votre conduite quotidienne, vous vous dites :
“Merde ! C'est là qu'il fallait que je tourne."
“Mais je suis déjà arrivé, mais où je suis là ?”
et vous, vous ne vous souvenez plus de la route.

Aussi, quand vous regardez des vagues sur la plage ou quand vous êtes plongé dans quelque chose qui vous absorbe tellement que vous ne savez pas vraiment à quoi vous pensez…

Ou quand, après être tombé, vous vous rendez compte de votre bras écorché ou de votre fracture sans vraiment ressentir la forte douleur…

À ces moments-là, vous connaissez une dissociation, une focalisation ou une anesthésie naturelle qui résume l’état de transe hypnotique.

Les transes existent dans toutes les cultures, dans presque toutes les religions et croyances.
Elles sont depuis la nuit des temps utilisées par les hommes pour communiquer avec les dieux,
avoir une révélation, une illumination, faire de la magie, se relaxer, se retrouver, se soigner et soigner les autres.

On a tous eu ou fait un bisou magique, on a souvent un rituel, un comportement qui nous soulage.


On fait alors appel à une de nos capacités inconscientes pour modifier notre émotion, notre sensation, notre perception de la réalité.
De manière spontanée ou provoquée, notre cerveau peut nous placer dans un état mental différent. Et si certains sont des pathologies, d’autres sont positifs, même thérapeutiques !

Comment définir la « conscience » ?

Les neurosciences en distinguent trois aspects essentiels :

l’éveil
La perception réaliste de son environnement
La perception de soi.


Lorsqu’on est hors du sommeil (sommeil = moment où on perd conscience), ces trois composantes sont actives et associées.
Nous sommes « naturellement » conscients ; si l’une ou l’autre est diminuée, éteinte ou dissociée, on bascule alors dans un état de conscience modifié.

L’altération pathologique de la conscience de soi et du monde environnant pose problème, comme dans la schizophrénie ou la paranoïa.
Par contre, pour Erickson, certains états de conscience modifiés peuvent soulager des symptômes.
Pour les induire, de nombreuses techniques sont connues et utilisées depuis la nuit des temps dans différentes cultures ou religions : hypnose, méditation, transe chamanique ou encore substances psychoactives… 

Et maintenant, on commence à comprendre le fonctionnement.

Un état modifié de conscience (EMC) se caractérise par une fréquence d’ondes cérébrales différente de celle d’un état d’éveil ordinaire.
Par exemple, l’hypnose, qui nous place dans un état à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil, est associée à une diminution de l’activité des régions du cerveau impliquées dans la perception subjective du corps et de la douleur (très utile pour les dentistes).
Il correspond à un ralentissement de nos ondes cérébrales en comparaison de celles de l’état d’éveil, celui de notre fonctionnement quotidien et rationnel.



Lors de méditations profondes, des chercheurs ont observé une modulation de l’activité cérébrale, qui avec la répétition entraine une amélioration globale de la santé physique et mentale et des modifications physiologiques de ces zones.
Quant aux personnes en transe par l’écoute de son répétitif en boucle, il apparaît que leur activité cérébrale dominante passe de l’hémisphère gauche (associé à la logique et à l’analyse) à l’hémisphère droit (associé à l’imagination, l’intuition et le rêve).

Les pratiques anciennes et l'hypnose font désormais l’objet d’études permettant de comprendre scientifiquement leurs intérêts thérapeutiques respectifs, cela permet aussi de développer de nouvelles formes d'hypnose intégrant des protocoles structurés des thérapies cognitive et comportementale (TCC).

 Ainsi, il est aujourd’hui clairement démontré que l’hypnose soulage certaines douleurs, tout comme la méditation pleine conscience.
Ces techniques apportent également un bénéfice aux personnes qui souffrent d’anxiété ou de symptômes dépressifs.

A quoi sert naturellement l’état modifié de conscience ?

Certains états modifiés de conscience naturels peuvent représenter une barrière psychologique protectrice lors d’une expérience traumatisante. Un choc émotionnel ou physique peut être à l’origine d’une dissociation temporaire de la réalité : “l'état de choc”.
On suppose un état modifié de conscience au cours du sommeil paradoxal dans le cas de rêves lucides (quand nous sommes conscients du fait que nous sommes en train de rêver).
Le dormeur n’a pas conscience de son corps et de son environnement.
Pourtant, il se rend compte de son état de rêverie, ce qui peut lui permettre d’influencer ses rêves (visuellement ou émotionnellement).


Pendant l'hypnose L’EMC en hypnose crée une sorte de pont entre les deux hémisphères de notre cerveau.
Une sorte de relation différente entre notre esprit logique et notre esprit intuitif.
L’induction de cet état permet à la personne l'utilisation des nombreuses ressources naturelles de l'esprit. Grâce aux suggestions directes et indirectes, on peut activer les capacités “d’auto-guérissons” de chaque personne tout en se frayant un chemin vers l’identification des solutions positives de la vie qui ont un intérêt dans la résolution de la problématique.

L’état de transe en hypnose est quelque peu différent des autres EMC car il dissocie le conscient et l’inconscient, ceci permettant parfois de dépasser les résistances aux changements et les blocages inconscients.

Comment est induit l’EMC en hypnose ?

L’induction est un outil indispensable en hypnose.
Le praticien accompagne avec bienveillance et à son rythme la personne vers le lâcher-prise.
L'idée est de créer un état dissociatif, une distance entre elle-même et l'environnement.
Plusieurs techniques peuvent être utilisées. Parmi elles, on retrouve la stimulation des sens du patient : la vision, l’audition, le kinesthésique (toucher), l’odorat ou le goût.
Chaque personne a tendance à privilégier un de ces canaux dans l’analyse des informations de l'environnement. Ainsi, le praticien détermine d’abord le canal sensoriel préférentiel afin de pouvoir ajuster sa technique d’induction.

Par exemple, on utilise le plus souvent une focalisation sur un point (visuel), sur les mouvements et les sensations de la respiration (kinesthésique), des modulations de la voix et les sons environnants (auditif) et parfois des huiles essentielles (odorat, la madeleine de prouts). 

Ensuite, vient le travail, sujet de nombreux futurs articles… 

Pour conclure, il n'y a pas d'hypnose sans état modifié de conscience.

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